Stoïchédon

Le « stoïchédon » désigne un système d’écriture dans lequel les lettres sont toutes alignées horizontalement et verticalement

Stoïchédon

Les origines du « stoïchédon »

Après le « boustrophédon », abordons ici le « stoïchédon ». Drôle de mot, moins étrange que son comparse, du fait d’une sonorité familière avec « stoïque ». Partage-t-il avec ce dernier son étymologie ? Peut-être. « Stoïchédon », autrefois écrit « stœchédon », vient du grec στοιχηδόν stoikhêdón, « en rang ». Il est dérivé de στοιχέω stoikhéô, qui signifie « être en rang » ou « être aligné ». Tout comme le curieux et sinueux « boustrophédon », le « stoïchédon » désigne un système d’écriture, système dans lequel les lettres sont alignées horizontalement et verticalement. Ici, chaque lettre occupe alors un espace identique aux autres et ce, quelle que soit sa taille. Par ailleurs, chaque ligne contient un nombre constant de caractères.

En Grèce, c’est entre le Ve et le IVe siècle qu’il a été le plus utilisé, pour décliner au IIIe siècle avant notre ère. Comme on peut le voir sur l’image ci-dessous, celui qui a gravé ce texte a quelque peu « triché » en fin de ligne, jouant sur le nombre de lettres, probablement par commodité. C’est ce que suggère Claire Tuan, professeur de lettres classiques et diplômée d’études supérieures d’archéologie sur son blog « Les pierres qui parlent », un beau morceau d’épigraphie.

Inscription gravée à Delphes vers 285-280 av. J.C.

Inscription gravée à Delphes vers 285-280 av. J.C.

 

Le « stoïchédon » aujourd’hui et ailleurs

Aujourd’hui encore, le « stoïchédon » subsiste jusque dans nos ordinateurs, du moins en partie. En effet, la police de caractères « courier », inventée pour IBM dans les années cinquante, a hérité de la propriété horizontale du « stoïchédon ». Son point commun ? C’est une police dite à « chasse » fixe, c’est-à-dire que tous les caractères ont la même largeur et sont donc répartis de manière uniforme sur chaque ligne.

exemple de caractères de la police courier

Police courier

 

Ailleurs dans le monde, on écrit parfois avec une rigueur tout aussi géométrique. Ainsi, c’est en « stoïchédon » que s’écrivent les textes en caractères chinois.

exemple de texte en sinnogrammes

Exemple d’écriture chinoise en « stoïchédon »

 

Contrairement au « boustrophédon », le « stoïchédon » n’a pas fait florès dans la littérature ou la peinture. Dommage. Toutefois, si vous trouvez des occurrences littéraires, n’hésitez pas à me le faire savoir en m’écrivant ici.


Visuel principal : détail d’une partie de la loi sacrée sur l’Acropole et l’Hékatompédon. 485/4 av. J.-C. [CC BY 2.5] photographie Μαρσύας

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