Parler d’école dans son autobiographie

Sep 25, 2025 | Biographie

L’école est un creuset de la vie, elle joue un rôle central dans nos vies. D’ailleurs, la revue de l’autobiographie La faute à Rousseau a entièrement consacré son numéro 91 d’octobre 2022 à ce thème.

Raconter l’école, c’est donner chair à l’enfance, mais aussi aux usages d’une époque et d’un lieu

Ces temps-ci, je replonge avec délectation mon nez dans mes photos de famille et dans mes cahiers d’écolier. En montrant mon écriture d’enfant et les exercices de mon année de CP à ma fille, je me suis dit que je n’exploitais pas peut-être pas assez ce thème dans ma pratique professionnelle.

Outre l’occasion de montrer où nous avons étudié, de montrer avec quels outils (la plume, le buvard, l’encrier, le stylo BIC, le stylo à encre, les grandes cartes de géographie, les règles interminables et les grands tableaux noirs), nous pouvons apporter à nos lecteurs le récit de nos activités et de nos rencontres.

Je me souviens encore de l’odeur de la colle (la colle au doux parfum d’amande que mon camarade de table mangeait), de l’odeur de l’encre et de la craie. Je me souviens parfaitement de l’ambiance déjà désuète de mon école, les affiches et les cartes des années 1960, le maître en fin de carrière qui a la main leste. Les coups de règles qui claquent aux fesses des enfants turbulents (étaient-ils hyperactifs ?) J’entends le prof de sport qui humilie la fille rondelette, l’enseignante en français qui traite de « nul » celui qu’on diagnostiquera plus tard dyslexique. Et puis, les batailles de purée à la cantine et les jets d’épinard au plafond, que les grands de troisième avaient érigé en jeux olympiques. Mes camarades enfin, la timide, l’intello, la charmante, le taiseux, le costaud, Laure, Magali, Béatrice, Nathalie, Dave, Hervé, Romain, Isabelle, Alexis et celles et ceux que j’ai oublié.e.s.

Bon, l’ambiance a changé, c’est certain. Elle gagne à être racontée, tout comme les valeurs qui nous façonnent, les bonnes comme les mauvaises.

Une autobiographie donne en outre l’occasion de se replonger dans un temps et un lieu différents : les jeux d’écoles, les rencontres amicales (ou inamicales), le magnétisme d’un professeur qui vous tire hors de votre sillon tout tracé, l’énergie d’une enseignante qui vous aide à prendre conscience de vous-même. Et puis ces petits riens, les fous rires, les bêtises, les bonbons, le goûter apporté par grand-mère, les chapardages, l’école buissonnière.

L’évocation de l’école permet aussi aux narratrices et narrateurs de se repencher sur leur rapport à l’autorité, au savoir, à la solidarité, etc., ou de mettre en lumière la trajectoire sociale des individus, tout comme le service militaire.

Un récit de scolarité peut même faire l’objet d’un livret à part entière, agrémenté de photos et de documents.